AIRFISH-8 Wigetworks
Imaginez un bateau qui glisse sans effort à travers les vagues, pas de turbulence dans l’air, pas d’inconfort par suite des mouvements de l’eau. Il navigue (ou vole au ras des flots) à une vitesse deux à trois fois plus rapide que n’importe quel autre bateau, fusse un Off-Shore (ce qui n’est pas fiscal mais s’avère fonctionner selon le même principe). L’Airfish-8 de Wigetworks est l’idéal pour qui vit et s’affaire dans des endroits paradisiaques et désire se rendre rapidement en une destination semblable, en grand style et originalité. La société Wigetworks basée à Singapour repousse les limites de la technologie d’effet de sol, et vise à être la première à commercialiser ce type d’engin marin pour des applications commerciales et militaires.
J’ai rendez-vous à Raffles Marina à 6h45 pour un trajet jusqu’à Malacca en compagnie du capitaine Walker D. Mills du Corps des Marines des États-Unis, du commandant Dylan “Joose” Phillips-Levine de l’US Navy, et du capitaine Joshua Taylor de la Marine américaine. Le responsable de Wigetworks a emballé des sandwichs aux œufs et au bacon pour satisfaire aux dispositions de survie d’urgence. Après un examen de l’Airfish-8 et un mémoire de sécurité, nous nous sommes assis sur la base de l’aile gauche pendant que nous étions informés des aspects pratiques et techniques de l’engin et de ce à quoi nous pouvions nous attendre en termes de conditions météorologiques et de possibilités de décollage, de vol et de survie en cas d’avarie. L’équipe de Wigetworks a alors commencé à remorquer l’Airfish-8 dans la zone de décollage… et lorsque le moteur s’est littéralement “enflammé”, il était toutefois encore raisonnablement possible de tenir une conversation.

Plein-pot moteur, après quelques chocs mineurs dus aux crêtes de vagues… Hop ! On a décollé et tout à coup on avait l’impression de surfer sur du mou gélatineux… Alors que nous atteignions une vitesse d’environ 100 kts, le commandant de bord (gag !) s’est amusé à réaliser des glissades, afin de démontrer que l’Airfish était maniable, que des changements de cap pouvaient être apportés et que tout obstacle pouvait être évité, ce qui était à mon sens absurde et loufoque pour les trois gradés de l’armée américaine… Pour moi, peut-être, mais à vrai dire je commençais peu à peu à ennuyer ! L’affaire s’est alors accéléré relativement majestueusement le long de la côte et de la Malacca Gateway… Le jeu était alors de serpenter entre quelques rochers et divers affleurements rocheux avant de retourner à la base.